Légalement, toute personne titulaire d’une CMI (carte mobilité inclusion délivrée par la MDPH –Maison Départementale des Personnes Handicapées) peut prétendre à bénéficier de l’aide d’un chien d’assistance.Dans les faits, un chien d’assistance, ce n’est pas vraiment adapté à toutes les personnes handicapées. Parce qu’un chien d’assistance, c’est avant tout un chien, et avoir un chien, ce n’est pas une chose anodine, que ce soit pour une personne handicapée ou pas.

Avoir un chien c’est se retrouver responsable d’un être vivant. Il va falloir combler ses besoins, lui donner de quoi survivre (à manger, à boire, des soins), mais aussi de quoi s’épanouir, c’est-à-dire des balades variées, des rencontres canines, des découvertes, du partage, etc. Donc avoir un chien, c’est lui consacrer du temps.

Avoir un chien, c’est être confronté à un être vivant. Qui aura lui aussi ses humeurs, ses envies, ses hauts et ses bas. C’est être parfois poussé dans ses retranchements par ce petit être poilu avec lequel on n’arrive pas toujours à bien communiquer. C’est devoir se remettre en question quand il y a des échecs.

Avoir un chien c’est les poils partout, la boue quand il fait moche, les objets rongés, les vomis le matin au réveil, ramasser les déjections encore fumantes, les odeurs de sa nourriture ou de ses friandises, les aboiements inopinés, le bruit des griffes sur le parquet ou des halètements quand il fait trop chaud.

Avoir un chien d’assistance, c’est devoir, en dehors de ses heures de travail de chien d’assistance où il vous accompagnera dans vos activités, lui offrir des moments de détente. Donc partir plus tôt pour vos courses ou au travail pour lui permettre de se promener avant d’endosser sa cape. Lui consacrer vos pauses au lieu de vous joindre à vos collègues. C’est tout faire pour lui offrir une vraie vie de chien, enrichissante, épanouissante, tout au long de l’année.

Avoir un chien d’assistance en owner-training (formation par le bénéficiaire), c’est avoir d’abord un futur chien d’assistance. Un chien en apprentissage, qui va vous demander de la patience et de l’implication. Si c’est un chiot, il va falloir redoubler de patience car sa première année devra être entièrement consacrée à son développement, sa socialisation, son épanouissement, son lien avec vous avant de commencer un quelconque travail spécifique. Si c’est un adulte il va falloir créer un lien solide de confiance réciproque et prendre le temps de s’apprivoiser.

Avoir un chien d’assistance, c’est rendre visible aux yeux de tous un handicap pas toujours visible (parce que non, les handicapés ne sont pas tous en fauteuil roulant). C’est attirer les regards intrigués, les remarques parfois déplacées, les refus d’accès par méconnaissance de la loi.Alors évidemment avoir un chien d’assistance c’est une formidable aventure, qui apporte une aide notable à la personne bénéficiaire, mais il ne faut pas l’idéaliser et ce n’est pas la solution appropriée pour n’importe quelle personne handicapée car c’est aussi une énorme responsabilité et une charge émotionnelle non négligeable. Ce n’est qu’une fois que l’on a bien réfléchi à tout cela que l’on peut savoir si un chien d’assistance est une solution adaptée à son cas ou pas.

Illustration : portrait d’un chien de face, « gris loup », langue pendante, avec des oreilles droites et des yeux hétérochromes.

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